PER : Et si c’était le bon moment pour épargner pour sa retraite !

Par Investisseur Privé,

Les français ont toujours eu tendance à beaucoup épargner. Le taux d’épargne en France est de 15% depuis de nombreuses années. Cependant ils privilégient les placements financiers peu risqués, à court terme, dans l’assurance vie et la thésaurisation dans une épargne très liquide. Ils délaissent l’épargne de long terme comme l’épargne retraite jugée complexe et contraignante avec une offre de produits trop importante.

Partant de ce constat, le gouvernement a souhaité réformer l’épargne retraite par la loi PACTE avec la création du Plan Epargne Retraite (PER) afin de proposer une solution simple que les français apprécient.

 

1. Le fonctionnement du PER

Le PER est une enveloppe fiscale qui se divise en trois compartiments :

  • Un compartiment individuel alimenté par vos versements personnels (PERP, MADELIN, COREM, CRH, PREFON)
  • Un compartiment collectif alimenté par les versements de votre entreprise (PERCO)
  • Un compartiment catégoriel dédié à certaines personnes, à vous de voire directement avec votre entreprise (PERE, ART 83)

Il existe deux types de PER, le PER individuel et le PER entreprise. Ils fonctionnent de la même manière, la différence se situe dans le fait que le PER individuel vous est rattaché alors que le PER entreprise est rattaché à l’entreprise qui vous emploie. Afin d’éviter la démultiplication des PER entreprise, il est possible de le transférer vers son PER individuel dès lors que vous quittez votre société.

Les capitaux versés, quelques soit le compartiment et le type de PER, sont par la suite investis sur des fonds en euros ou OPCVM de la même manière qu’en assurance vie.

2. La fiscalité des versements sur le PER

Fiscalité du PER à l’entrée

Les versements entrants réalisés sur le compartiment individuel, peuvent, si vous le souhaitez, être déduit de vos revenus imposables. Ce choix aura une conséquence à la sortie des capitaux. Concernant les compartiments collectif et catégoriel, les versements entrants réalisés par votre entreprise sont exonérés d’impôts. De plus, si votre entreprise a moins de 50 salariés les forfaits sociaux sont réduits à 0% ou 16% pour les inciter à ouvrir un PER pour leurs salariés.

Exemple : M.X est dans la tranche marginale d’imposition (TMI) à 41%. Il a versé 10 000 € sur son PER. Il fait donc une économie d’impôt de 4100 €.

Fiscalité du PER à la sortie en capital

 

Concernant la sortie en capital du PER, pour le compartiment individuel, si vous avez choisi de déduire de l’impôt sur le revenu (IR) vos versements volontaires, votre capital sera imposé au barème de l’IR et les plus-values générées à 30%. Tandis que si vous avez choisi de ne pas déduire vos versements volontaires, votre capital ne sera pas imposé et vous payerez toujours une taxe de 30% sur vos plus-values.

Pour le compartiment collectif, seules les plus-values que vous aurez réalisées seront taxées à 17,2%, et la sortie en capital du compartiment catégoriel n’est pas possible.

Exemple : Depuis que M.X est à la retraite, il est passé dans la TMI à 30%. De plus, il avait fait un versement de 10 000 € sur son PER et il n’a pas fait de plus-values. La sortie de son épargne en capital est donc taxée de 3 000 € (à la place de 4 100 € s’il n’avait pas placé dans son PER).

Fiscalité du PER à la sortie en rente

 

Concernant la sortie en rente viagère du PER, pour le compartiment individuel, si vous avez choisi de déduire de l’IR vos versements volontaires, vous serez soumis à la fiscalité des rentes à titre gratuit c’est-à-dire que votre rente bénéficiera d’un abattement de 10% avant d’être imposée au barème de l’IR. Tandis que si vous avez choisi de ne pas déduire vos versements volontaires, vous percevrez une rente viagère à titre onéreux comme pour la rente perçue du compartiment collectif. Dans ce cas-là, votre rente bénéficiera d’un abattement lié à l’âge que vous aviez lors de la liquidation de vos droits à la retraite, le reste étant soumis au barème de l’IR et aux prélèvements sociaux (PS).

Pour le compartiment catégoriel vous percevrez une rente soumise à l’IR et aux PS à hauteur de 10,1%.

 

3. Le transfert vers le PER

Il est possible de transférer ses anciens dispositifs d’épargne retraire vers un PER, cela peut cependant engendrer des frais. Néanmoins le transfert d’un PERP vers un PER ou d’un Madelin vers un PER ne peut pas être facturés au-delà de 5% du montant transférable et il est gratuit si le contrat a été ouvert il y a plus de 10 ans.

Il est aussi possible de transférer un PER vers un autre PER, cela est même recommandé dès lors que vous quittez votre société afin de ne pas démultiplier le nombre de contrats. Cela peut aussi être facturé dans la limite de 1% du capital et il est gratuit au-delà de 5 ans.

 

En prenant en compte l’inflation, les frais, la fiscalité, les coûts de frottement, la destruction de capital est donc garantie si on se contente de thésauriser sur des produits d’épargne liquides (Livrets A…). Les français n’ont plus le choix : ils doivent prendre des risques et investir à long terme en fonction de leurs objectifs. L’épargne retraite est parfaite pour cela : L’horizon de placement est nécessairement long !

A ce titre, les assureurs ont l’obligation de proposer une gestion pilotée à horizon (prudent, équilibre, dynamique) en fonction de votre âge et durée avant votre départ à la retraite.

Heureusement, la donne à changer et le paysage des produits d’épargne retraite s’est éclairci : Plutôt que d’épargner (thésauriser) ou de faire du trading (sur du bitcoin) les français vont pouvoir investir à moyen long terme grâce au nouveau produit PER.

A condition d’être accompagné, de bien définir ses objectifs et contraintes, de suivre et contrôler ses investissements, idéalement en ayant Investisseur Privé (IP) à ses côtés.

Héloïse Bay