PERP ou une assurance-vie ?

Par Investisseur Privé, Le Particulier,

Méconnu et sous utilisé, le Plan d’épargne retraite populaire (PERP) n’a pas la cote auprès des futurs retraités. Ils sont en revanche beaucoup plus enclins à diriger leur argent vers les contrats d’assurance-vie, qui peuvent aussi faire office de placement retraite. Le PERP peut-il concurrencer l’assurance-vie pour compléter ses revenus ?

 

La souplesse de l’assurance-vie

Vos versements sur un PERP donnent droit à une rente viagère une fois à la retraite. D’ici là, l’épargne est bloquée, sauf cas particuliers (chômage, liquidation judiciaire, achat de la résidence principale…). En cas de décès du souscripteur pendant la phase d’épargne, une rente sera versée au conjoint survivant ou au bénéficiaire désigné. Unique souplesse : la possibilité de récupérer 20% de son capital à l’âge la retraite (100% pour l’achat de la résidence principale).

Avec l’assurance-vie, il est plus facile de récupérer son épargne, puisqu’elle reste constamment disponible. Au terme du contrat, il est possible d’en sortir soit en rente, soit en capital. En cas de décès, c’est un capital qui sera versé au bénéficiaire de votre choix, avec une large exonération fiscale.

Fiscalité, le Trésor Public donne d’une main et reprend de l’autre

Pendant la phase d’épargne, le PERP est plus avantageux. Vos versements annuels étant déductibles de vos revenus imposables, vous bénéficiez d’une économie d'impôt immédiate. Plus vous êtes fiscalisé, plus l’avantage est important ! Toutefois, vous paierez plus tard une partie de ce que vous avez économisé, puisque la rentre versée sera imposable (après un abattement de 10%).

L’assurance-vie, elle, donne sa pleine mesure fiscale à partir de 8 ans. Il est alors possible de retirer jusqu’à 4 600 € de gains exonérés d’impôt chaque année (9 200 € pour un couple). Au-delà, ils sont imposés au taux forfaitaire réduit de 7,5% (sauf pour les capitaux versés dépassant 150 000 € imposés au taux forfaitaire de 12,8%). C’est pourquoi, l’assurance-vie est souvent utilisée pour se constituer un complément de revenus réguliers lors de la retraite.

Le PERP, pas trop près de l’âge de la retraite

Le PERP est surtout intéressant si votre taux d'imposition était fort avant la retraite et est amené à baisser à la retraite, malgré la rente, du fait d’une chute des revenus. Cependant, si vous avez des charges qui diminuent fortement vos impôts (enfants à charge, investissement locatif défiscalisant…), vous risquez à la retraite, d’avoir un taux d'imposition supérieur à votre taux actuel. Si vous êtes près de la retraite, souscrire un PERP n'est souvent pas intéressant, car le montant de la rente sera trop modeste.

L’assurance-vie, moins contraignante, peut être souscrite à tout moment et répond à plusieurs objectifs. Elle présente, au final, plus d’intérêt que le PERP, dont l’avantage financier ou fiscal ne vaut parfois pas l’effort requis. Cependant, le PERP reste une alternative intéressante, notamment dans le cas d’un fort TMI avant la retraite et d’un TMI plus faible après la retraite.

Exemple

Kadia, 43 ans et Laurent, 48 ans, sont mariés et ont 4 enfants à charge. Ils sont entrepreneurs et disposent d’un revenu net de 10 400 € par mois (124 800 € par an).

Ils s’intéressent au PERP IP Dynamique qui leur permet de réduire leur imposition en la reportant au moment de la retraite où elle sera moins élevée. Ils décident donc d’affecter 400 € par mois chacun (soit 9 600 € par an) ce qui réduit la base de calcul de leur impôt sur le revenu d’autant.[1]

18 ans plus tard, Laurent a 67 ans et Kadia 61, et décident de prendre leur retraite au même moment. La valeur de leur PERP s’élève à 140 992 €[2]. Ils choisissent de sortir en rente viagère pour étaler au maximum leur imposition, en étant taxés au prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5% sur 90% des sommes. Ils touchent ainsi 422 €[3] par mois la première année. Cette rente sera revalorisée annuellement jusqu’au décès de Laurent.

 


[1] Le calcul est le suivant : 124 800 € de revenus nets imposables. Il faut y soustraire le montant investi : - 9 600€, ce qui ramène leur revenu imposable à 115 200 €. Malgré le fait que le couple dispose de 5 parts fiscales grâce à leurs enfants, ils restent dans la TMI à 30% à cause des plafonnements des demi-parts. Leur impôt sur le revenu s’élèvera à 10 241 €, soit 8,2%.

[2] Chiffre donné à titre d’exemple avec un profil de risque dynamique. La performance attendue annualisée de la sélection PERP IP Dynamique étant de 5,14%.

[3] Chiffre donné à titre d’exemple. La rente viagère sera de 555 € bruts la première année, l’imposition sera la suivante : 17,2% de prélèvements sociaux sur 100% de la rente (96 €) auxquels s’ajouteront 7,5% de prélèvement forfaitaire libératoire sur 90% de la valeur du contrat (37 €).