Impôts : les règles à connaître pour en payer moins

Par Investisseur Privé, Le Particulier,

Alléger ses impôts a toujours été un sport national. Les solutions pour y parvenir ne manquent pas. Cependant ne vous laissez pas aveugler par la « carotte fiscale ». Avant d’investir dans une opération de défiscalisation, il est essentiel de vérifier qu’elle répond bien à vos objectifs patrimoniaux.

 

Calculer ses impôts dans la durée

Les contribuables qui investissent dans l’immobilier locatif peuvent bénéficier d’une très confortable réduction d’impôt s’ils optent pour le dispositif Pinel (logement neuf) ou Censi-Bouvard (résidence meublée). Toutefois, l’avantage fiscal est imputable par fractions sur leurs impôts de l’année d’achat et des 5 ou 8 suivantes. De plus, la fraction non imputée une année, faute d’impôts suffisants à payer par le contribuable, est perdue. En effet, elle n’est pas reportable dans le temps. Vous devez donc avoir une certaine visibilité de votre charge fiscale à venir pour vous lancer dans ce type d’investissement.

Mesurer les contraintes

Si vous investissez dans l’immobilier défiscalisant, vous devez louer dans certaines conditions pendant 6 ans minimum en Pinel et 9 ans minimum en Censi-Bouvard. Si vous investissez dans une PME ou dans un fonds de placement type FCPI ou FIP, vous devez conserver vos titres pendant au moins 5 ans. Il est essentiel de mesurer ces engagements dès le départ, car l’administration fiscale vous demandera de rembourser la réduction d’impôt obtenue si vous ne les respectez pas scrupuleusement jusqu’à leur terme.

Faites vos comptes

La somme des réductions d’impôt et des crédits d’impôts dont peut bénéficier un foyer fiscal est plafonnée à 10 000 € par an. Vous devez calibrer vos investissements défiscalisants en fonction de cette limite, car si vous la dépassez, l’excédent est perdu. Toutefois, certains placements vous permettent d’échapper au plafonnement des niches fiscales. Par exemple, l’économie d’impôt résultant de la déduction des sommes épargnées sur un Perp n’y est pas soumise. Une alternative à creuser pour les contribuables lourdement imposés.

Immobilier : un placement à long terme

Investir dans l’immobilier défiscalisant, c’est acheter un logement pour le donner en location. Êtes-vous prêt à devenir bailleur et à gérer les relations avec un locataire ? Le programme choisi est-il de qualité ? La commune a-t-elle un réel potentiel locatif ? Pourrez-vous conserver le bien pendant 10 ou 15 ans ? Posez-vous les bonnes questions avant de vous lancer. Pensez qu’un investissement immobilier, même assorti d’une réduction d’impôt, n’est souvent rentable qu’à long terme.

Économie réelle : un placement à risque

PME, innovation, économie locale, cinéma, presse… Investir dans l’économie réelle permet aussi de profiter de réductions d’impôt généreuses. Cependant, ce sont des investissements souvent risqués. Vous pouvez tout perdre si la société dans laquelle vous croyez rencontre des difficultés ou un essor limité. Dans ce cas, la réduction d’impôt obtenue ne permettra que de limiter la casse. Ces investissements défiscalisants ne doivent donc être envisagés que dans le cadre d’une diversification de vos investissements, à hauteur de 5% ou 10% de vos actifs par exemple.

Exemples

Agathe, 28 ans, célibataire et cadre dispose d’une petite épargne et voudrait l’utiliser pour réduire ses impôts sur le revenu. En 2016 elle a investi 15 000€ dans une SCPI fiscale Pinel pendant 9 ans, afin d’obtenir une réduction de 18% de son investissement, réduction répartie sur la durée de l’investissement, soit 2% par an :

  • Réduction globale : 18% * 15 000 € = 2 700 €
  • Réduction annuelle : 2% * 15 000 € = 300 €

Elle bénéficiera aussi des loyers versés par la SCPI dès la période de mise en location des biens.